Cas concret: le monde de la traduction

Pour conclure cette semaine consacrée aux tarifs des prestations, je vais vous parler du monde merveilleux de la traduction. Voyez-vous, contrairement à d’autres professions, la traduction est mal connue de ceux qui ne côtoient pas directement des acteurs de ce marché. Agences et indépendants savent comment ça marche, le reste du monde beaucoup moins et est souvent nourri d’idées préconçues. L’un des exemples qui illustre le mieux cette méconnaissance est le fait qu’un traducteur, lorsqu’il rencontre de nouvelles personnes, sur un salon ou simplement lors d’une fête, va souvent devoir expliquer ce qu’il fait, justifier des langues qu’il parle et même parfois justifier de l’utilité de son métier. Qui irait demander à un consultant en informatique, une professeur d’aérobic ou une avocate si leur métier a un sens? Ben pour les traducteurs, on se le permet. Partant de là, les traducteurs sont souvent amenés à lutter contre les clichés qui ont un impact négatif non seulement sur la perception de leur profession mais aussi sur leurs tarifs.

Des difficultés à connaître les pratiques du marché

Quand j’ai commencé à travailler en tant que traductrice indépendante, j’ai appliqué les conseils que je donne: je suis allée demander des conseils sur les tarifs à mes pairs plus expérimentés. Sur notre réseau d’anciens des gens reposent régulièrement la question et obtiennent des réponses: l’information n’est pas retenue, les gens n’hésitent pas à la partager. Pourquoi? Les nouveaux-venus risqueraient de leur nuire! En fait, pas tant que ça. Le marché de la traduction étant tellement disparate, peu organisé et concurrentiel, il me semble que les gens préférent transmettre l’information pour essayer d’avoir des prix homogènes sur le marché.

Notez également que les prix sont différents selon les domaines de spécialité: un traducteur financier ne facture pas la même chose qu’un traducteur technique ou littéraire, mais ils ne font pas la même chose non plus. Pour avoir une meilleure idée des tarifs, comparez des traducteurs de compétences équivalentes!

Du point de vue des clients directs, c’est pareil. S’ils ont besoin d’un traducteur et qu’ils font une recherche sur Internet, ils vont être surpris par la disparité des prix. Personne ne leur aura expliqué ce qui justifie ces différences, difficile pour eux de comprendre ce manque d’homogénéité, d’autant plus que parfois, ils ont déjà du mal à cerner en quoi consiste le métier.

Pour les agences, c’est la même chose: la fourchette des prix pratiqués est très large, que ce soit à l’achat auprès des indépendants ou à la vente. Dans ce casse-tête, comment s’y retrouver?

Des prestataires qui cassent les prix

Je pose la question aux traducteurs qui sont dans la salle: qui ne s’est jamais entendu dire « En Roumanie/Inde/Madagascar…. c’est vachement moins cher de faire traduire ses documents! ». Je pense que tous les traducteurs ont entendu cette phrase au moins une fois au cours de leur carrière, c’est un peu notre bizutage à nous. Alors oui, effectivement, faire traduire à l’étranger, c’est pas cher. Par contre, un Indien, même s’il parle parfaitement bien le français, sa langue maternelle reste l’hindi ou l’anglais. Or, je me dois de le rappeler, un traducteur ne traduit que vers sa langue maternelle. Ce n’est pas une lubie de traducteur, c’est une question de qualité: même en vivant des dizaines d’années dans un pays étranger, même en traduisant des kilomètres de mots, un traducteur ne sera jamais aussi bon dans une autre langue que sa langue maternelle. Si vous voulez quelqu’un pour traduire vers l’allemand, il faut faire appel à un germanophone natif. Pareil pour l’anglais, pareil pour l’indien…

Quand vous recherchez un prestataire de traduction ou même de rédaction, plus que le lieu où il se trouve, regardez quelle est sa langue maternelle! Ce n’est pas parce que j’habite à Berlin que je suis bilingue (bilingue, c’est quand on a deux langues maternelles différentes), ce n’est pas parce que j’habite à Berlin que je traduis vers l’allemand. Par contre, vers le français, je suis là pour vous aider!

Des clients mal-informés

On ne peut pas le leur reprocher mais les clients sont souvent mal informés. Et pour cause, comment s’en sortir dans cette jungle de tarifs et de prestations? Dans ces cas-là, à vous d’expliquer! La SFT a édité un petit guide à l’attention des clients, n’hésitez pas à le diffuser ;) Souvent, les gens sont submergés d’idées reçues et connaissent peu ou mal notre métier. C’est un travail de patience mais c’est aux traducteurs de mettre en avant la qualité de leur travail.

On est plus forts ensemble!

Pour les traducteurs, il existe la SFT, le syndicat des traducteurs. N’hésitez pas à les contacter si vous avez des questions, que vous soyez clients ou traducteurs. L’information n’a de sens que si elle de qualité, adressez-vous à ceux qui ont les réponses à vos questions!

Et vous, comment avez-vous établi votre grille tarifaire?


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