FAQ pour traducteurs indépendants – 2

En février, je vous ai proposé un billet sur les questions que l’on me pose régulièrement et je vous ai invité à me soumettre les vôtres. Blandine aussi est confrontée à ce genre de questions et me les a transmises pour que je tente d’y répondre. Merci! Avant de le faire, je pense qu’il est important de rappeler que ces questions portent souvent sur l’expérience personnelle des personnes interrogées et que la réponse est donc complètement subjective. Ce qui fonctionne pour moi ne fonctionnera peut-être pas pour une collègue et inversement, car même si nous suivons les mêmes conseils et les mêmes méthodes, nous avons des personnalités et des compétences différentes qui influenceront le résultat de nos actions. À vous de voir ce que ces réponses vous inspirent, mais n’oubliez pas que vous êtes le seul maître de votre activité et de vos actes!

Aujourd’hui, nous parlons donc de l’aspect concret de l’activité d’indépendant!

— Ce n’est pas trop dur de se lever le matin ?

Subjectivité, disais-je? Je crois qu’on est en plein dans le sujet! Personnellement, il m’est nettement moins difficile de me lever le matin depuis que je fais quelque chose qui me motive réellement. En outre, je pense que l’image du freelance qui dort jusqu’à midi ne dure qu’un temps : on le fait pendant une semaine, on récupère, c’est sympa, mais vous allez vite vous rendre compte que vous ne pouvez pas continuer comme ça. Comment travailler sérieusement si vous ne commencez votre journée qu’à 13 h ? Vos clients, eux, continuent à travailler de 9 h à 18 h et attendent sûrement que vous soyez joignable au moment où eux-mêmes sont au travail. Dès que j’ai commencé à travailler en indépendant, il était clair pour moi que je n’étais pas à la maison pour me reposer, mais pour travailler. Et comme quand j’étais salariée, il m’arrive d’avoir de mauvaises nuits ou des nuits trop courtes et de me lever fatiguée le lendemain, mais je me réveille quand même. Il est important de faire la part des choses : la semaine, je me lève et me prépare comme si j’allais travailler et je m’installe à mon bureau pour le faire. Le weekend, ma maison redevient maison et je peux trainer au lit ;)

Si vous avez du mal à vous habituer à cette routine, vous pouvez essayer la méthode suivante : après votre petit-déjeuner, préparez-vous et sortez de chez vous. Vous pouvez aller marcher dans le quartier, prendre un café à quelques minutes de marche de chez vous, sans avoir besoin de prendre le métro ou le bus. Quand vous rentrerez travailler, vous aurez marqué une vraie rupture avec la routine du réveil et vous serez prêt pour une journée de boulot !

— Ce n’est pas trop dur de se motiver pour travailler ?

Cette question m’intrigue, je ne sais pas trop comment y répondre. Si vous avez besoin de vous motiver pour faire votre travail, c’est peut-être que le travail en question, ou la façon de l’exercer ne vous conviennent pas. Pour ma part, même s’il y a des jours où j’aimerais mieux me promener que traduire, je dois dire que cette question de motivation ne se pose plus. Quand j’étais salariée (et pourtant, j’aimais ce que je faisais), je pensais aux vacances, à ce que j’allais faire pendant le weekend, pour me donner du baume au coeur. Ce n’est plus vraiment le cas. Maintenant, le challenge de trouver des clients, gérer les projets et la satisfaction des clients sont mes sources de motivation et me donnent envie de continuer et d’avancer.

— Ce n’est pas trop dur de ne voir personne de la journée ?

Ça fait quand même la troisième question qui commence par « ce n’est pas trop dur », je crois que si l’on veut réellement devenir indépendant et réussir, il est temps de changer de point de vue. Soyons honnêtes : oui, c’est dur de créer son entreprise. Oui, c’est dur de prospecter. Oui, c’est dur d’attendre qu’on vous contacte et de voir que le compte en banque s’amenuise. Cela dit, devenir indépendant est un choix que l’on fait et dont on est prêt à assumer les risques et les conséquences. Devenir entrepreneur, c’est savoir mettre de côté ses peurs et réagir face aux difficultés. Si la peur vous paralyse, si les risques vous terrorisent, si l’idée de manquer de travail ou d’argent vous angoisse, peut-être faut-il envisager de faire autre chose.

Sinon pour répondre à cette question, je dirais que ça dépend de votre personnalité. Quand j’étais salariée, j’avais des collègues très sympas, mais travailler à plusieurs dans un bureau, ce n’est pas mon truc. Quand je me concentre, j’ai besoin d’un vrai silence autour de moi et quand j’ai besoin de musique, je veux pouvoir écouter ce qui me plait tranquillement. J’ai des amis que je vois régulièrement, je sors au moins une fois par semaine pour déjeuner avec eux, bref, j’apprécie les personnes que je vois dans la semaine. Et n’oublions pas les formations, les cafés du traducteur, les ateliers, la danse… Je ne vois personne de la journée, certes, mais comme je travaille, ça me convient très bien!

D’ailleurs, on me dit dans l’oreillette que nombreux sont les traducteurs qui apprécient la compagnie d’un chat :)

— Tu penses que je peux devenir indépendant?

Ah, mais moi je ne pense rien! Ce n’est pas à moi de dire si quelqu’un est capable ou non de devenir indépendant, seule cette personne le sait! Si vous hésitez encore, je vous conseille de lire le blog de Sara, celui de Sophie, celui de Patricia et ceux qui sont dans la catégorie « Le coin des traducteurs » pour voir des exemples de traducteurs heureux et qui réussissent :)

Tu arrives à ne pas bosser le week-end et à prendre des vacances ?

L’avantage d’être indépendant, c’est qu’on est maître de son temps. C’est donc à vous de voir si vous avez le temps de caser le projet qu’on vous propose dans la semaine ou s’il faudra empiéter sur le week-end, et si le jeu en vaut la chandelle. Quand on a passé une semaine entière chez soi, les mains sur le clavier et les yeux rivés sur l’écran, on a vraiment envie de profiter du week-end! Pour les vacances, j’en prenais peu en tant que salariée et j’en prends encore relativement peu. L’année dernière, j’ai pris cinq semaines réparties sur l’année entière, notamment avec des week-ends de trois/quatre jours. Ma plus longue période de « vraies » vacances s’est étendue sur dix jours (et j’avais quand même mon ordinateur, je consultais mes e-mails tous les jours). Dans tous les cas (et pour toutes les questions précédentes), je ne suis pas un modèle à suivre. J’aime ce que je fais et ma façon de faire me convient. Je ne ressens pas le besoin de prendre des vacances au sens où la plupart des gens l’entendent, aller passer du temps chez mes parents ou chez mes amis madrilènes et travailler là-bas me suffit!

— Est-ce qu’on peut être freelance et voyager tout le temps ?

Si on n’est pas sur site, oui, et c’est ça qui est génial! Comme on gère son temps, il est tout à fait possible de faire des week-ends de trois ou quatre jours pour voyager en Europe, voire partir plusieurs mois entiers à l’étranger et travailler sur place, Laurent fait ça très bien et cela m’arrive également :)

— Est-ce qu’on peut se lancer sans avoir d’autres revenus fixes ?

L’aspect financier est très important et il vaut mieux avoir une épargne de précaution suffisante (qui couvre un an de vos besoins dans l’idéal) ou une autre source de revenus. Le mieux est de se lancer en assurant ses arrières, en ayant par exemple un travail à temps partiel qui vous permet de commencer à prospecter et à mener des projets. Quand vous commencerez à obtenir des revenus satisfaisants, vous pouvez alors envisager de quitter votre emploi pour prendre votre envol. Sinon, sans emploi ni épargne de précaution, les premiers mois risquent d’être très difficiles surtout si vous avez des charges fixes élevées (un loyer par exemple). L’aspect financier peut vite prendre le dessus et devenir votre principal souci, surtout si votre entreprise ne fonctionne pas comme vous le voudriez, mieux vaut donc assurer vos arrières!

— Et… tu gagnes aussi bien ta vie que quand tu étais salariée ?

Je crois que l’objectif de tout indépendant est de mieux gagner sa vie que quand il était salarié! Cela peut prendre des mois, voire des années, pour y parvenir, mais il est tout à fait possible de gagner convenablement sa vie en étant indépendant, n’en déplaise aux pessimistes. Tout est une question de positionnement sur le marché et de tarif, j’en ai déjà parlé ici et Corinne McKay a abordé la question dans cet excellent billet.

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Voilà, j’espère avoir répondu à vos questions et si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à les écrire en commentaire, elles feront peut-être l’objet d’un troisième billet! Et vous, quelles sont les questions que l’on vous pose ou que vous vous posez?


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Comments (2)

 

  1. Sophie Dinh dit :

    Très bon billet, merci Céline ! Je le fais suivre à de jeunes traducteurs qui pourront s’en inspirer.
    Et merci de citer mon blog :)

  2. […] En février, je vous ai proposé un billet sur les questions que l’on me pose régulièrement et je vous ai invité à me soumettre les vôtres. Blandine aussi est confrontée à ce genre de questions et me les a transmises pour que je tente d’y répondre. Merci! Avant de le faire, je pense qu’il est important de rappeler que ces questions portent souvent sur l’expérience personnelle des personnes interrogées et que la réponse est donc complètement subjective. Ce qui fonctionne pour moi ne fonctionnera peut-être pas pour une collègue et inversement, car même si nous suivons les mêmes conseils et les mêmes méthodes, nous avons des personnalités et des compétences différentes qui influenceront le résultat de nos actions. À vous de voir ce que ces réponses vous inspirent, mais n’oubliez pas que vous êtes le seul maître de votre activité et de vos actes! Aujourd’hui, nous parlons donc de l’aspect concret de l’activité d’indépendant!  […]

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