L’interview du freelance: Armalite, traductrice d’édition

Armalite est traductrice indépendante et est spécialisée dans les romans fantastiques. Pour Ma voisine millionnaire, elle a accepté de répondre  à mes questions et nous aide à mieux connaître ce métier. Elle tient également un blog, le Rose et le Noir, dans lequel elle raconte avec talent son quotidien, ses envies, ses passions. Une future auteure? C’est tout ce qu’on lui souhaite! Merci beaucoup Armalite!

-En quoi consiste ton métier?

Je suis traductrice littéraire d’anglais, spécialisée dans les romans fantastiques (le genre, pas l’adjectif, hélas!)

-Depuis quand exerces-tu ta profession et depuis combien de temps es-tu freelance?

Je me suis lancée en 1994, directement avec un statut d’indépendant

-Qu’est-ce qui t’a amené à devenir freelance?

Je venais de subir trois ans de salariat dans un autre domaine et j’avais réalisé que les contraintes de ce statut n’étaient pas pour moi. De plus, bien que bilingue, je n’avais aucun diplôme de langue et je doute qu’un patron m’aurait embauchée sur ma bonne mine! Mais je savais que j’étais capable de faire le boulot…

-Quels sont les avantages et les inconvénients de ce statut?

Avantages: Une grande souplesse d’emploi du temps; on peut travailler à son rythme et en pyjama. On n’est pas obligé de côtoyer qui que ce soit pendant la journée (ce qui serait sûrement considéré comme un inconvénient par quelqu’un de plus sociable que moi!). On ne donne d’ordres à personne et on n’en reçoit de personne. On est rémunéré à la tâche, ce que je trouve très motivant.

Inconvénients: Les formalités administratives souvent lourdes et incompréhensibles. L’absence de couverture sociale digne de ce nom. Aucune garantie d’avoir encore du travail le mois prochain (mais n’est-ce pas aussi un peu le cas des salariés, de nos jours?)

-Quelles démarches as-tu accomplies?

A l’époque, l’ANPE proposait une aide appelée l’ACRE aux demandeurs d’emploi qui démarraient une petite entreprise ou se lançaient en indépendant, et j’en ai bénéficié. Cette aide a disparu depuis.
Sinon, en tant que traductrice littéraire, donc assimilée artiste/auteur, j’ai dû m’inscrire aux AGESSA. Il y a eu un moment de flottement car l’URSSAF, ignorant la différence entre traducteur technique et traducteur littéraire, voulait aussi que je cotise chez elle. La première de très nombreuses prises de tête administratives au fil des ans.
J’ai aussi pris une association de gestion agréée qui vise mes comptes et me permet de bénéficier, pour mes impôts sur le revenu, du même abattement de 20% que les salariés.

-As-tu dû changer quelque chose dans ta vie (déménagement, location d’un bureau…)?

Non, car je n’ai besoin que d’un coin de table, d’un ordinateur et d’une connexion internet pour mon travail.

-Comment prospectes-tu? Utilises-tu les réseaux sociaux ou professionnels?

Je ne prospecte pas; j’ai acquis et fidélisé quelques gros clients dans les premières années de ma carrière de traductrice, et depuis, ce sont eux qui continuent à me donner du boulot.

-Décris une journée de travail ordinaire

Je me lève tard et commence à bosser généralement vers 11h. Je traduis pendant 2 à 3 h sans interruption, fais une pause pour manger et reprends pour une deuxième séance de 2 ou 3h. Après ça, j’ai les neurones lessivés et je ne suis plus bonne à grand-chose à part m’écrouler devant un épisode de Dr. House ou de Gossip Girl!

-Quel est ton moment préféré dans la journée?

Celui où j’arrête de bosser jusqu’au lendemain!

-Existe-t-il dans ta profession un regroupement de professionnel ou un syndicat pour informer et protéger les professionnels?

En France, il existe un syndicat des traducteurs mais ne voyant pas bien à quoi il sert, je n’y suis pas adhérente. Pour le reste, le traducteur littéraire est un animal assez solitaire même si je communique pas mal avec les collègues qui sont devenus des amis au fil des ans.

-As-tu l’intention de créer une structure?

Certainement pas. J’ai déjà assez de mes propres tracasseries administratives ^^

-Quelles sont les tâches que tu aimerais sous-traiter?

Mon activité se composant d’une unique tâche, je ne vois pas bien à qui je pourrais déléguer à moins d’enfermer des petits Chinois bilingues dans ma cave ^^

-Comment répartis-tu ton temps entre la gestion, la prospection et la réalisation?

Comme je l’ai dit plus haut, je ne fais pas de prospection. L’aspect administratif me prend un temps assez variable. Quand tout va bien, je consacre une ou deux heures par mois à ma comptabilité professionnelle et à la paperasse afférente.

-Aurais-tu des conseils à donner aux indépendants ou à ceux qui souhaitent le devenir?

Ce n’est pas un métier pour les gens désorganisés ou velléitaires. Si vous n’êtes pas capable de vous astreindre à bosser seul X heures par jour, oubliez, vous ne gagnerez jamais votre vie comme indépendant. Par ailleurs, au début, il ne faut pas compter ses heures. Je n’ai pris qu’une semaine de vacances et bossé environ dix heures par jour, six jours par semaine les cinq premières années. Ne pensez pas que si vous avez des enfants, c’est un bon moyen de conserver une activité professionnelle à temps plein tout en étant là pour eux. Celles de mes collègues qui font ça ont une productivité plus que réduite, qui ne leur offre qu’un revenu d’appoint dans le meilleur des cas.


Articles similaires :

Comments (2)

 

  1. gonzalez priscillia dit :

    Bonjour si des traductrices passe par là, j’ai quelques questions dans le cadre d’un module universitaire important.
    Je vous remercie d’avance.

    INTERVIEW :

    1) Comment vous est venue l’envie de devenir traducteur ?
    2) Comment y êtes-vous parvenu ? Quel a été votre parcours scolaire et universitaire ? Êtes-vous parti à l’étranger pendant vos études ?
    3) Après l’obtention de vos diplômes avez-vous trouvé facilement un emploi ?
    4) Faut-il avoir des prérequis pour être traducteur? Si oui, lesquels ?
    5) Pourquoi la traduction et non l’interprétation ?
    6) Pouvez-vous nous dire concrètement en quoi ce métier consiste ?
    7) Quelles langues utilisez-vous dans votre travail de traductrice ?
    8) Dans quel domaine êtes-vous spécialisé ?
    9) Quel est votre statut professionnel ?
    10) Quels sont les avantages et les inconvénients de ce statut?
    11) La concurrence dans ce métier est-elle accrue ?
    12) Et maintenant la question qui fâche : Les salaires varient-ils beaucoup ?
    13) Pouvez-vous Décrire une journée de travail ordinaire ? Est-ce facile à gérer ?
    14) Auriez-vous des conseils à donner à des étudiants se destinant à ce métier de traducteur ?

  2. Merci aux deux pour cet entretien drôlement intéressant…il est bien vrai que la constance et la passion pour son travail sont parmi les quelques bonnes recettes pour réussir dans le métier. Bon courage !

Leave a Reply

Social Widgets powered by AB-WebLog.com.