Question – réponse: travailler avec des agences

Diplômée en traduction, je viens de me constituer un statut d’autoentrepreneur. Pourriez-vous me donner des noms d’agences en France ou ailleurs qui paient correctement, sachant que j’ignore également quels sont les tarifs considérés normaux par les « bonnes » agences? Disposez-vous d’un exemple de lettre de présentation qu’on envoie aux agences (car je crois qu’on n’envoie pas de lettre de motivation mais une carte de présentation oú on indique notre formation, nos domaines de spécialité et le CV joint)? Je me demande s’il convient de parler de tarifs ou attendre que l’agence nous les demande et si on doit dire qu’on propose nos services de traduction ou parler plutôt de collaboration avec l’entreprise.
Chère collègue,
Tout d’abord, parlons d’autoentreprise: même si je ne suis pas l’une de vos potentielles clientes, mieux vaut éviter de mettre en avant votre statut d’autoentrepreneur. L’autoentrepreneur n’est pas une mauvaise chose: c’est un statut facile à mettre en place et qui permet de tester sans trop de contraintes son activité. Cependant, c’est une information inutile quand vous vous présentez. Vous êtes traductrice (technique, éditoriale, littéraire…), diplômée, et spécialisée, c’est ça qui compte. Puisque vous entamez votre prospection, il est important de peaufiner votre présentation pour donner l’image la plus professionnelle possible et convaincre vos clients!
Parlons maintenant des agences qui paient correctement. On me demande souvent des noms d’éditeurs qui recherchent des traducteurs, des listes d’agences avec lesquelles travailler… C’est là que je constate régulièrement que finalement, une fois le diplôme de traduction obtenu, on se retrouve face à mur qu’on ne sait pas comment attaquer: comment traduire des livres? comment trouver des clients directs? qu’est-ce qu’une bonne agence? Faut-il travailler avec les agences?
Il est souvent de bon ton de critiquer les agences: elles paient mal, elles passent toujours des commandes pour la veille, elles utilisent les traducteurs comme des ressources interchangeables… Pourtant, ces généralités cachent une réalité toute autre, composée d’agences aussi différentes que le sont les traducteurs qui travaillent avec elles.
Je vois de nombreux avantages à travailler avec des agences, surtout quand on débute. D’abord, l’agence vous envoie le travail qu’elle collecte de ses clients, ce qui vous permet de travailler sur les textes de différentes entreprises, alors que vous n’en avez démarché qu’une seule. De plus, cela vous amène à identifier les différentes types de texte que l’on peut vous confier, à affiner vos préférences en termes de spécialisation et à prendre conscience de votre capacité de travail.
Attention, je n’ai pas dit que les agences étaient là pour vous permettre de nous entrainer. Comme vous, elles ont un engagement de qualité vis-à-vis de leurs clients et même si les traductions sont relues en interne, elles doivent être irréprochables, elles ne sont pas là pour terminer votre formation! Néanmoins, lorsqu’on sait qu’acquérir des clients directs demande une réelle expertise dans un domaine précis et un investissement en temps, les agences sont un moyen d’établir une collaboration rapide avec des clients qui vous confieront du travail régulièrement, ce n’est pas négligeable.
Qu’est-ce qu’une bonne agence et qu’est-ce que des bons tarifs? C’est à vous de le dire! Qu’attendez-vous de vos relations avec les agences? Comme pour toute collaboration, il est important de définir des critères et de savoir ce que vous souhaitez, voulez et êtes prête à accepter. Dans tous les cas, la relation doit être basée sur un respect mutuel et sur une véritable collaboration: vous travaillez ensemble dans l’intérêt du client.
Gardez bien cette phrase en tête, vous travaillez ensemble dans l’intérêt du client. Les problèmes entre les agences et les traducteurs peuvent naître d’une relation déséquilibrée, quand les chefs de projet en demandent trop, sans tenir compte des compétences du traducteur (non-respect de la spécialisation, par exemple) ou quand le traducteur se met volontairement en position de demandeur, presque de servitude, prêt à tout accepter, quel que soit le sujet, sans se positionner en professionnel.
Rassurez-vous, c’est en sachant ce que vous voulez et en respectant votre travail que vous trouverez naturellement des agences de qualité qui partagent votre vision des choses, et les tarifs suivront. Pour avoir une idée de ce qui se pratique, renseignez-vous auprès de votre association d’anciens, assistez à des rencontres de traducteurs et discutez avec des collègues déjà établis: vous aurez ainsi une fourchette de prix dans laquelle vous pourrez vous situer.
Quand à la prospection, effectivement, mieux vaut ne pas envoyer de lettre de motivation et de CV. Vous n’êtes pas à la recherche d’un emploi, vous proposez vos services à une entreprise. A vous de choisir le support qui vous convient le mieux: site professionnel, plaquette commerciale ou tout simplement offre de services. N’oubliez pas de garder un ton professionnel. Pour ma part, je préfère attendre que l’agence se montre intéressée par mes compétences avant de lui parler tarif. Là encore, la question est ouverte et tout est négociable. A vous de trouver les arguments pour justifier vos tarifs et parvenir à une solution qui convienne aux deux parties. Ensuite, on vous demandera peut-être de passer un test, mais c’est une autre question!
Lecteurs, confères, consoeurs, c’est à vous! Avez-vous des conseils, des idées, des recommandations pour aider cette collègue?
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Comments (1)
Il est de bon ton de critiquer les agences, certes, mais certaines sont attentives aux traducteurs et à la qualité du travail fourni. D’ailleurs, ce sont ces agences qui paient le mieux…
Une carte de présentation est une bonne idée, l’essentiel est d’être concise quand on se présente.
Pour les tarifs, je suggère de proposer une fourchette : ainsi, on laisse un espace de négociation, on peut demander plus pour un texte spécialisé et/ou une traduction en urgence. Si on démarche l’agence par mail ou par courrier, on peut n’en parler que dans un deuxième temps. À noter que certaines agences ont des formulaires tout prêts sur leur site pour les traducteurs, et qu’elles demandent souvent les tarifs.