Traduire un livre: de la traduction à l’adaptation

Comme je vous le disais la semaine dernière, le livre qui m’occupe ces derniers temps doit être traduit ET adapté. Je dirai même traduit, adapté et réécrit, car l’adaptation du livre s’effectue sur plusieurs niveaux. Les livres dit « américains » sont souvent de très bons titres car le point de vue de leurs auteurs est souvent novateur, intelligent et concret. Personnellement, j’aime qu’on ne tourne pas autour du pot et que le message soit formulé de manière claire et concise. Malheureusement, si on les appelle « américains », c’est que bien souvent, le propos est relié à un certain contexte et n’est pas adapté à la réalité que nous connaissons ici. Cela dit, je sais que les amateurs de Tim Ferriss ou de David Allen vous diront que cela importe peu et que ce qui compte, c’est de prendre le principe de base et de réfléchir à comment l’appliquer à soi-même. Aujourd’hui, je considère que mon rôle est aussi d’y réfléchir et de proposer au lecteur francophone une solution pour que l’ensemble du livre lui paraisse pertinent et faisable.

Traduction

Avant toute démarche d’adaptation, j’ai décidé de traduire la quasi-totalité du livre, à l’exception de trois chapitres. En accord avec Michaël, nous avons décidé que nous ne pourrions rien utiliser de ces trois chapitres-là et qu’il valait donc mieux les réécrire en intégralité. Après traduction, je peux dire que la plupart des chapitres auront besoin d’être légèrement adaptés et que seulement quelques-uns mériteront d’être retravaillés plus en détails. Pour ceux-là, la traduction sert de support à Michaël, qui décide, en bon co-auteur, de supprimer, modifier ou de réécrire des passages.

Adaptation sur la forme

Michaël travaille uniquement sur le contenu du livre, le fond, donc tout ce qui a rapport à la gestion des finances personnelles. Mon objectif est donc de lui fournir des chapitres « prêts à retravailler », sans qu’il n’ait à s’interrompre dans sa réflexion pour traiter des questions relatives à la traduction. Je me suis donc occupée d’adapter toutes les allusions culturelles et surtout, j’ai veillé à garder un style « blogueur ». Ramit Sethi est un blogueur et ça se voit très bien dans son écriture. Pas question de modifier le style, j’ai donc suivi sa façon de s’exprimer, en utilisant un ton direct, jeune, dynamique. Et oui, c’est aussi ça le métier de traducteur, faire parler l’auteur en Français comme il s’exprime dans sa propre langue! J’ai donc travaillé sur le style, les références culturelles et surtout, sur la fluidité du texte. Cela semble (ou doit sembler) naturel pour le lecteur, mais assurer la fluidité du texte est un vrai travail. Il faut donc rajouter des liens logiques, abréger ou étayer des explications et essayer de garder assez de recul pour se mettre à la place du lecteur.

Adaptation sur le fond

S’il faut toujours un peu d’adaptation dans un livre américain, imaginez ce que cela peut donner lorsqu’il s’agit d’un livre de finances personnelles! Beaucoup d’outils financiers sont proches des outils français, mais pour en faire quelque chose d’utilisable par le lecteur, Michaël doit adapter le système de Ramit Sethi à ce que nous connaissons, ce qui nécessite parfois de modifier en profondeur des passages ou des chapitres, tout en restant fidèle à leurs objectifs et à la démarche de Ramit Sethi.

Est-ce que ces billets vous plaisent? On continue à parler de ce projet? Vous avez des questions? Vous avez la parole dans les commentaire!


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Comments (2)

 

  1. Maya dit :

    très intéressant, toute la réflexion derrière est importante, je veux bien que tu continues sur le sujet! Mais pour la réécriture des trois chapitres en question, c’est toi qui t’en occupes? et si tu ne pourrais pas travailler avec le co-auteur tu aurais fait comment? oups je pose trop de questions !!

    • admin dit :

      c’est Michaël d’Esprit Riche, le co-auteur, qui a réécrit les trois chapitres que je n’ai pas traduit. Si j’avais dû faire le travail toute seule, j’aurais tout traduit et j’aurais proposé à l’éditeur de trouver un expert qui puisse s’occuper de l’adaptation culturelle. je peux travailler sur le style d’écriture, l’adapter à la culture française, mais je ne peux pas inventer un contenu que j’ignore. Je ne connais pas assez le domaine bancaire et financier pour proposer de véritables alternatives pratiques, c’est à l’expert de le faire. Dans un livre de cuisine, si j’identifiais une incohérence, je le signalerai à l’éditeur et je lui indiquerai une piste de réflexion, mais je ne pourrais pas me contenter de mettre une recette à moi sous prétexte que je l’ai déjà faite et que je l’aime bien.

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