Vivre avec un traducteur: les vacances

 

Le traducteur est prêt à descendre dans des canyons par amour de la culture…

 

Vous qui vivez avec un traducteur indépendant, vous êtes préoccupé: les analyses sanguines de votre compagne/compagnon révèlent une carence notable de vitamine D et toutes les personnes que vous rencontrez lui demandent avec insistance comment elle/il va, inquiètes par son teint digne des créations de Jacob Delafon. Il est temps d’agir! En quelques clics, vous voici parés de deux allers-retours pour une destination ensoleillée. L’ordinateur est éteint, le chat est confié à la voisine, les valises sont prêtes? Voici quand même quelques conseils pour passer de bonnes vacances avec votre bien-aimé(e) :)

1. Choisissez vous-même la destination de vacances

Faut-il vous le rappeler? Le traducteur est un curieux de nature et il est avide de découvertes. Seulement, si vous lui demandez son avis, il y a fort à parier qu’il vous parlera de ce lieu qui a attiré son attention dans sa dernière traduction… Si c’est une destination de rêve, tant mieux, s’il pense à un hôtel au centre de Berlin, réjouissez-vous, mais gare à vous s’il semble fasciné par l’église gréco-romaine de Saint-Bouzieux-le-Haut…

2. Prévoyez une deuxième valise vide

Pour ramener des souvenirs? Non, votre conjoint n’est pas de ceux qui s’intéressent aux boules à neige et autres assiettes « Souvenir of Las Vegas ». Si vous allez à l’étranger et surtout, si vous allez dans un pays dont votre compagnon parle la langue, vous êtes foutu. Premier arrêt: les librairies. Oui, il y a bien quelques romans en VO qui le tentent, mais… ne serait-ce pas là le rayon des dictionnaires? Oh, un dictionnaire des collocations en anglais! Génial, un guide de style en espagnol, j’en cherchais un! Certains vont même jusqu’à rapporter des livres sur la grammaire (true story!)… Et comment résister à son enthousiasme, surtout lorsque votre fiancée vous dira qu’elle cherchait ces livres depuis des mois car tu sais, ils sont introuvables en France!

Il y a également tous les livres des boutiques de souvenirs des lieux que vous visiterez: sur l’histoire du jardin botanique de Berlin, l’architecture de la chapelle Sixtine ou encore le traitement des eaux usées au barrage d’Emosson (mais tu sais, ça peut servir si j’ai une commande!)… Sans oublier ce que vous rapporterez de vos visites au marché/supermarché, pour pouvoir goûter chez vous des aliments typiques de la région!

3. Incontournable, la visite au marché/supermarché (oui, oui, les deux)

Comprenez bien une chose: votre épouse a passé des années à se former non seulement aux langues qu’elles parlent, mais aussi à la culture des pays. En allant à l’étranger, ce qu’elle veut, c’est voir comment vivre les vrais gens. Pas d’image d’Epinal, elle veut être en prise avec leur quotidien, ce qui passe forcément par l’alimentation. Vous me direz qu’un supermarché, c’est un supermarché et que c’est partout pareil. Détrompez-vous! Un supermarché est un endroit riche de nouveautés et de découvertes sur la façon de consommer, la nature de l’alimentation et le rapport des gens à la nourriture. Bref, la base de la culture d’un pays. Et avouez-le, vous aussi ça vous a étonné de voir qu’aux Etats-Unis, on trouve 40 sortes de beurre de cacahuète différents, mais pas toujours de Nutella? (Et d’ailleurs, saviez-vous que le Nutella n’a pas le même goût ni la même texture en Allemagne qu’en France?).

4. Prenez toujours la visite guidée ou l’audioguide

Parce que vous pensez vraiment que vous allez pouvoir visiter Alcatraz sans chercher à tout savoir sur la vie d’Al Capone? Vous croyez qu’il est envisageable de découvrir le parc naturel de Yosemite sans apprendre le nom de chaque sorte d’arbres, des cascades et du type de roche le plus répandu dans la vallée? Enfin, soyez raisonnable, vous savez bien avec qui vous partez en vacances!

5. Vous aimez la nature? D’accord, mais pas trop longtemps quand même!

Faut-il vous rappeler que vous partez avec quelqu’un qui travaille seul tout au long de l’année? Si votre mari appréciera aussi de visiter des sites naturels époustouflants, il se réjouira de revenir au plus vite au contact des autochtones, toujours dans sa quête d’observer au plus près la vie des locuteurs natifs des langues avec lesquelles il travaille…

6. Gardez toujours un appareil photo à portée de main

Parce qu’en allant retirer de l’argent dans un casino de Las Vegas, votre chéri voudra tester la localisation en français du distributeur. Et s’il tombe sur ceci  »Retrait avec goupille/retrait sans goupille » (Withradawal with PIN/Withradawal without PIN), il regrettera de ne pas avoir son appareil sur lui.

Cela dit, la traductrice étant toujours à l’affût de l’erreur de traduction, elle pensera à ramener un souvenir pour faire rire ses confrères :)

 


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Comments (3)

 

  1. Mariedk dit :

    C’est tout à fait ça !!! Mon traducteur de mari n’est donc pas une phénomène unique ? Il aurait des congénères un peu partout dans le monde ? Mieux vaut éviter qu’ils ne se rencontrent en vacances, parce que là, c’est parti pour des heures de discussions et de blagues que seuls eux peuvent comprendre… LOL Trop bien ton blog !
    Je peux te suggérer un autre article : regarder un film étranger (en version française) avec un traducteur. Tu dois savoir de quoi je veux parler ;)

  2. [...] et tendre. Nous l’avons déjà dit, le traducteur indépendant est un être à part, à la fois homme ou femme de culture, esthète, passionné(e), mais aussi quelqu’un avec des goûts [...]

  3. […] in the Dark 10,000 Hours to Mastery A Translation Workflow Interpreter Price Wars What Is Love? Vivre avec un traducteur: les vacances Ανορθογραφία, ή, Όταν το «ε» στο ταξείδι σε […]

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